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La France estime que le projet sur la table des négociations à l'Organisation du commerce ( OMC) «pas acceptable en l'état dans la mesure où il ne comporte aucune avancée sur des éléments essentiels» en particulier la protection des appellations d'origine et «la défense des intérêts industriels européens face aux grands pays émergents».
La France a estimé lundi que le projet actuellement sur la table aux négociations à l'Organisation du commerce (OMC) "n'est pas acceptable en l'état dans la mesure où il ne comporte aucune avancée sur des éléments essentiels", en particulier la protection des appellations d'origine et "la défense des intérêts industriels européens face aux grands pays émergents".
Dans un communiqué à l'issue du conseil des ministres, l'Elysée souligne que la France est "plus que jamais attachée à la promotion du développement, notamment des pays les plus pauvres, qui est l'objectif du cycle actuellement en cours". Pour Paris, "si l'Europe devait jouer un rôle moteur à cet égard, elle devait aussi assurer la protection des intérêts européens avec vigilance et sans naïveté, notamment à l'égard des grands pays émergents".
Plus virulente, la FNSEA parle d'un "bradage de l'agriculture". Pour elle, "les concessions offertes par la Commission européenne auront des conséquences désastreuses pour les agriculteurs: pertes de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaire, de 27% de revenu agricole, de 500.000 emplois et augmentation de 600.000 tonnes des importations de viandes bovines".
"En plus, l'Europe ne retirera rien sur les autres aspects de la négociation, pas plus que les pays en développement d'ailleurs. Fidèle à sa stratégie qui consiste (sous couvert de discrétion) à négocier en catimini avec les plus grands acteurs au mépris des autres, l'OMC prépare en réalité un nouvel ordre mondial où seul le plus compétitif ou le mieux-disant aura voix au chapitre", accuse la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles dans un communiqué.
Les délégations à Genève ont entamé lundi une seconde semaine d'âpres négociations visant à conclure le cycle de Doha. Lancées en 2001 dans la capitale du Qatar, ces discussions visent à ouvrir les marchés intérieurs des 153 pays membres aux produits étrangers. Toute la difficulté réside dans le fait que l'accord devra à terme être adopté à l'unanimité et dans sa globalité.