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Le gouvernement du Québec tiendra le fédéral responsable d'éventuels impacts économiques que le secteur agricole québécois pourrait subir à la suite des négociations en cours à l'Organisation mondiale du Commerce.
C'est ce qu'a déclaré hier le ministre québécois de l'Agriculture, Laurent Lessard.
Le projet d'accord de l'OMC sur la libéralisation du commerce agricole, qui est actuellement l'objet de discussions à Genève, menace certains secteurs de l'agriculture québécoise, dont ceux qui sont régis par la gestion de l'offre, selon M. Lessard.
Selon le ministre québécois, qui a assisté à la rencontre internationale jusqu'à samedi, Ottawa, dont les représentants sont toujours sur place, doit aller plus loin pour exprimer sa position.
Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, et son collègue du Commerce international, Michael Fortier, doivent continuer de faire valoir leur point de vue lors de rencontres bilatérales, d'après M. Lessard.
M. Lessard a affirmé que les textes qui sont l'objet de discussions l'inquiètent parce qu'ils ne correspondent pas aux objectifs que le Québec s'est fixé dans le cadre de la séance de l'Organisation mondiale du commerce. Selon M. Lessard, ils ne répondent pas non plus aux attentes du gouvernement fédéral à cet égard.
Plus tôt, lundi, l'Union des producteurs agricoles avait demandé à Québec de faire pression sur Ottawa pour que la version du texte qui a été déposée vendredi soit rejetée. Des produits québécois tels que le fromage, le lait entier ainsi que des sous-produits de volaille, qui sont régis par les programmes de gestion de l'offre, pourraient être exposés à la concurrence d'importations étrangères vendues moins cher, selon l'UPA.
L'UPA estime que le projet d'entente pourrait faire perdre 1 milliard $ de revenus au secteur agricole québécois, dont le total annuel s'élève à 6 milliards $.
Selon M. Lessard, le gouvernement fédéral a déjà exprimé, au cours des derniers mois ainsi que depuis le début de la rencontre de l'OMC, son engagement à défendre la gestion de l'offre.
Le ministre du Commerce international, Michael Fortier a assuré lundi que depuis le début de la rencontre à Genève, où il est réuni avec trente autres ministres de pays étrangers, il a défendu la gestion de l'offre.
M. Fortier a affirmé qu'une bonne entente pour le Canada devrait permettre d'abaisser des barrières tarifaires à l'étranger, pour des entreprises canadiennes exportatrices _ notamment dans les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale et de la pétrochimie _, tout en protégeant les acquis dans l'agriculture.