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Analyse: l'indice S&P/TSX devrait maintenant se replier

Le temps est venu pour la Bourse de Toronto de faire une pause, disent des analystes techniques consultés par Les Affaires. Ils prévoient un repli de l'ordre de 5 à 8 % de l'indice S&P/TSX.

Après avoir touché un nouveau sommet de 14 695 points durant la séance du 12 mai, le S&P/TSX devra maintenant stagner, et se replier quelque peu avant de se lancer vers de nouveaux sommets.

Le souffle du marché, c'est-à-dire le nombre de titres à la hausse comparativement au nombre à la baisse, est relativement faible, explique Larry Berman, associé et chef des placements chez ETF Capital Management.

Outre le secteur de l'énergie, quelques titres du secteur des matériaux ainsi que celui de Research In Motion, peu de titres s'apprécient.

Puisqu'il s'attend maintenant à un certain apaisement dans le secteur de l'énergie, le marché devrait maintenant se replier. «Ce recul ramènera l'indice légèrement sous la barre de 14000 points», souligne M. Berman.

Dans le pire des scénarios, l'indice se repliera jusqu'à sa moyenne mobile de 200 jours à 13600 points, selon lui.

Pour sa part, Ismaël Chiadmi, vice-président, gestion quantitative, de Montrusco Bolton, explique qu'à la suite de la hausse rapide amorcée à la mi-mars, l'indice se trouve dans une situation de surachat qui nécessite maintenant un repli, même temporaire.

Il estime que le repli pourrait équivaloir à 38 % de la hausse réalisée depuis mars, un niveau de repli souvent utilisé en analyse technique. Cela ramènerait l'indice à 13840 points.

Recul limité à court terme

Par ailleurs, l'abondance des liquidités entre les mains des gestionnaires pourrait limiter tout recul à court terme de la Bourse torontoise, indique Ron Meisels, président de Phases & Cycles, une firme de Montréal spécialisée en analyse technique.

L'abondance de liquidités n'est pas une situation inhabituelle lorsque les Bourses effectuent une volte-face aussi rapide que celle qu'elles ont faite en mars. En effet, la crise du crédit a rendu les gestionnaires très prudents face à la remontée des cours qui s'amorçait. Ils préféraient attendre afin d'acheter sur faiblesse. Comme il n'y a pas eu de repli, ils se retrouvent avec d'importantes liquidités alors que le marché atteint un sommet.

«Cela maintiendra des pressions à la hausse sur le marché, car ces gestionnaires sont de plus en plus mal à l'aise avec leurs liquidités», explique M. Meisels. Le marché pourrait donc ne pas se replier avant septembre, selon lui.

Son scénario le plus probable est le suivant : le marché évoluera à l'intérieur d'un corridor de fluctuation relativement étroit pendant quelques semaines, avant de poursuivre sa course vers de nouveaux sommets à l'été. C'est alors que les gestionnaires investiront leurs liquidités excédentaires.

Le marché fera ensuite une pause, qui s'accompagnera d'un recul, peut-être important, en septembre et octobre.

«La fin de l'été et le début de l'automne constituent habituellement la période la plus difficile de l'année pour la Bourse», dit M. Meisels.

Optimisme à long terme

Par contre, il faut demeurer optimiste à long terme à l'égard du marché boursier canadien, explique Viet Buu, président de CTI Capital Valeurs mobilières. La Bourse canadienne possède les antidotes pour s'immuniser contre les problèmes que pourrait rencontrer notre économie, selon lui.

D'abord, étant un producteur agricole important, le Canada est en partie protégé contre l'inflation qui frappe les produits alimentaires. De plus, la fermeté du huard fait de la Bourse de Toronto une destination incontournable pour les fonds d'investissement internationaux.

Enfin, la hausse du prix du pétrole ne constitue pas une menace pour la Bourse canadienne, compte tenu de la forte capacité de production liée à la présence des sables bitumineux. La hausse du prix de l'or noir a plutôt été favorable à l'indice S&P/TSX.

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