go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Investir  >> Analyses de titres  >> Détail de l'analyse de titre

Analyse : les minières aurifères se délestent de leurs couvertures


Profiter des prix de marché élevés. Photo: Bloomberg

Le prix de l’or restant élevé, les compagnies minières aurifères préfèrent vendre au prix du marché plutôt que de couvrir leur production par des contrats à terme.

Vendre sa production à terme ou se couvrir par des options de vente (puts) est une stratégie financière courante pour les compagnies minières aurifères. Elles s’assurent ainsi d’un prix garanti et peuvent concentrer leurs efforts sur leurs activités principales plutôt que de subir les aléas du marché.

Mais quand le prix de l’or dépasse continuellement les attentes, comme il l’a fait au premier trimestre de 2008, certaines estiment qu’elles ne trouvent plus leur compte à trop se couvrir.

Selon une analyse des experts londoniens GFMS, les minières aurifères auraient vendu leur or au prix moyen de 899 dollars américain l’once, alors que le prix moyen du marché pour le trimestre a atteint 924,83 dollars américains. Elles se seraient privés ainsi de 16% de revenus.

Positions perdantes

Et elles pourraient passer encore à côté d’autres gains en maintenant trop de couvertures. GFMS estime que les contrats de couvertures de l’ensemble des minières aurifères étaient perdantes de 700 millions de dollars par rapport au prix du marché à la fin du premier trimestre.

Ne plus se couvrir, une situation trop risquée, n’est pas une solution. Néanmoins, les minières aurifères tentent de se réapproprier une partie de ces gains de marché en réduisant la part de leur production couverte par des produits dérivés.

Ainsi, le volume total de contrats à terme sur l’or a baissé de 19% au premier trimestre et celui des options sur l’or est en recul de 7%.

Pour gagner en exposition au prix du marché, les minières aurifères ne signent pas de nouveaux contrats de couverture. Parfois, elle vont plus loin en prenant des positions opposées qui annulent les premiers contrats. Ainsi, une compagnie aurifère qui aurait vendu à terme sa production, la rachète à terme au même prix, pour ensuite la revendre au prix du marché.

Barrick Gold en tête du mouvement

À la tête de ce mouvement de «dehedging», on retrouve Barrick Gold et Anglo-Ashanti dont le portefeuille de couverture a reculé de 28%, suivies de Buenaventura avec une baisse de 22% de son portefeuille et de Newcrest Mining en baisse de 12% de son portefeuille de couverture.

Le chef de la direction de Anglo-Ashanti a même indiqué lors de la présentation des résultats trimestriels, que sa compagnie avait l’intention de poursuivre son programme de «dehedging» jusqu’en décembre 2008.

Si le «dehedging» tente de nombreuses compagnies, cette technique fait grimper leur exposition au risque. Du coup, elles ne peuvent pas s’y lancer sans autorisation explicite de leurs conseils d’administration. Dans certains cas, les administrateurs, prudents, ne donnent pas leur aval tout de suite. C’est ainsi que Oceana Gold a réussi à se délaisser de quelques contrats qu’elle a reporté au trimestre suivant, dans l’attente du feu vert de son conseil d’administration pour un «dehedging» plus systématique.

C’est la crise financière qui est à la source de cette hausse du prix de l’or. Les investisseurs y voient un refuge contre la faiblesse du dollar américain et les pressions inflationnistes.

Cette crise financière a aussi modifié les comportements des producteurs et spéculateurs sur le marché de l’or. Plutôt que de signer des contrats à terme de gré à gré, ils se sont tournés vers des contrats négociés en bourse. Ils se prémunissent ainsi contre le risque de défaut de paiement de la part de la contrepartie, ce risque étant assumé par la bourse sur laquelle les contrats sont négociés.

«Il n’y a aucune raison immédiate qui pousserait les acteurs du marché à changer leurs comportement au deuxième trimestre», estiment les experts de GFMS. À leur avis, les producteurs continueront de tenter de réduire leur portefeuille de couverture au deuxième trimestre.

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux