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Analyse : Manuvie, une financière de diversification


Sensibilité aux marchés financiers. Photo: Bloomberg

Dans un climat d’incertitude pour les grandes banques, la financière Manuvie est considérée comme un placement de diversification dans le secteur financier.

À un moment où les grandes banques canadiennes plient l’échine, les investisseurs cherchent à diversifier leur portefeuille avec des titres du secteur financier qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques que celles des banques. La financière Manuvie correspond à ce profil.

Cette compagnie collecte des primes d’assurance vie sur une longue période et place ces fonds sur les marchés pour assurer des risques sur la durée. Elle a un œil sur le plus long terme que les banques.

Ses flux de liquidités sont moins cycliques que ceux des banques. Les contrats d’assurance vie signés il y a dix ans apportent toujours des revenus de trésorerie en temps de récession.

Ce qui ne veut pas dire que les bénéfices ne soient pas exposés aux variations cycliques. En effet, les placements de Manuvie sur les marchés financiers sont évalués au prix de marché. Quand les bourses plongent, la valeur du portefeuille s’érode et la compagnie doit inscrire cette baisse de valeur comme une charge.

Exposée aux cycles boursiers

C’est ainsi qu’une perte de 18 cents par action a été inscrite aux résultats du premier trimestre, ramenant le bénéfice par action à 57 cents alors que les analystes en attendaient 71 cents.

Ce glissement trimestriel n’inquiète pourtant pas Tom MacKinnon de Scotia Capital. «Le portefeuille, pondéré de sa composition géographique, a chuté de 11% au premier trimestre. Il a déjà repris 8% depuis», rappelle-t-il. Et de souligner que ces variations ne comportent aucune incidence sur la liquidité. Il s’agit d’inscription comptable de la valeur du portefeuille.

D’ailleurs, s’appuyant sur la valeur intrinsèque du portefeuille à long terme, «Manuvie ne le protège pas des variations cycliques par des instruments de couverture, pensant que toute baisse de valeur aujourd’hui sera récupérée par les hausses de demain», souligne Michael Goldberg de Valeurs Mobilières Desjardins.

Ce n’est pas tant la valeur en cours du portefeuille qui retient l’attention des analystes que la composition de ce portefeuille et du bilan en général. Or, John Reucassel de la BMO juge ce bilan «très solide».

Une machine commerciale

Chez Manuvie, ce sont les performances opérationnelles qui séduisent les analystes. Cette compagnie canadienne est une des plus grandes exportatrices de services. Les trois quarts de ses opérations sont réalisés à l’étranger. Là bas, elle connaît des taux de croissance dynamiques.

Ses ventes aux États-Unis ont progressé de 42% pour les assurances aux particuliers et de 18% pour les annuités. Sur le marché canadien de la gestion de patrimoine, la croissance est de 12%, Même au Japon, où Manuvie avait pataugé pendant quelques années, la courbe s’est inversée et le marché a cru de 15%.

Manuvie est également très active au niveau des acquisitions. «Dotée d’un bilan solide et d’excès de capital, MFC est bien placée pour saisir les opportunités d’achat aux États-Unis et en Asie», écrit John Reucassel.

Ces caractéristiques intrinsèques de Manuvie ne sont qu’en partie reconnues par le marché. Ils cotent le titre à un multiple d’évaluation de 11,2 fois le bénéfice par action de 2009, contre un multiple de 10,5 pour autres compagnies d’assurance-vie et de 10,6 pour les banques.

Titre en solde?

Les analystes jugent malgré tout cette prime insuffisante. «Le titre est en solde», pense John Reucassel de la BMO qui le classe dans la catégorie des performances supérieures à celle du marché avec une cible de 43 dollars.

Michael Goldberg y voit une opportunité d’achat. Le titre fait partie de la liste des «Top picks» de Valeurs Mobilières Desjardins avec une cible de 48 dollars.

Pour Tom MacKinnon de Scotia Capital, le multiple d’évaluation est certes attrayant, mais il demeure prudent en raison de la volatilité des bénéfices. Ceci ajoute un élément de risque, dit-il. Sa cible est 42 dollars et il classe le titre dans la catégorie de performance équivalente à celle du secteur.



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