Accueil >> Investir >> Analyses de titres >> Détail de l'analyse de titre
Une bonne résilience au niveau des bénéfices. Photo: Bloomberg
Des pertes de 73 millions dans une opération de couverture de son portefeuille de papier commercial. Et alors? Cet incident ne remet en cause le regard positif que les analystes portent sur la Banque Nationale.
Une perte de 73 millions avant impôts (49 millions après impôts) dans une opération de couverture du portefeuille de papier commercial adossé à des actifs (PCAA) est certes importante pour la Banque Nationale. Pourtant, les analystes relativisent cet incident.
«C’est du bruit de manchettes», commente John Aiken de Dundee Securities. À la BMO, Ian de Verteuil juge cette perte significative mais ne condamne pas la logique de l’opération de couverture. Il la juge «prudente compte tenu des effets dévastateurs qu’auraient pu entrainer une dégradation du crédit».
Même si la Banque Nationale annonce qu’elle ne devrait pas atteindre ses objectifs de croissance des bénéfices, les analystes ne changent pas leur fusil d’épaule. Ils sont même trois, (Scotia, BMO et Dundee) à relever leurs estimations et leurs cibles.
Ils estiment en effet que la perte de 73 millions de dollars devrait être rattrapée par des gains de 88 millions de dollars attendus au troisième trimestre sur la restructuration de la Bourse de Montréal. De plus, si la restructuration du papier commercial est entérinée, la Banque Nationale récupérera des intérêts jusqu’alors gelés sur ces titres.
Bons signaux opérationnels
Ce sont les signaux en provenance des opérations qui pèsent dans la balance. Et à ce niveau, la Banque Nationale n’a pas déçu. Les analystes soulignent la bonne qualité de son portefeuille de prêts qui s’est dégradé moins que celui des autres banques canadiennes.
Ils applaudissent aussi la résilience de son activité de marchés financiers qui recule moins que celle des banques concurrentes. Enfin, la Banque Nationale se distingue aussi au niveau de la gestion des coûts. Le recul de 5% des charges compense la baisse des revenus de 3%, alimentant une hausse des bénéfices.
Ainsi, tous comptes faits, «un tel entêtement à générer des bénéfices ne peut être ignoré», souligne John Aiken de Dundee Securities. D’autant plus que le titre se transige à un multiple de 10,1 fois ses bénéfices, faisant de la Banque Nationale, «la banque la moins chère au Canada», selon Ian de Verteuil de la BMO.
Le consensus des analystes recommande l’achat de la Banque Nationale. Les cibles les plus conservatrices sont de 55 dollars alors que le plus optimiste, Kevin Choquette de Scotia Capital, mise sur 65 dollars.