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Le taux de change lui est favorable. Photo: Transat
Les financiers misent tout de même sur un meilleur deuxième semestre.
La flambée du prix du carburant nuit au redécollage de Transat AT (Tor., TRZ.B, 21,60 $) à court terme. Mais si le voyagiste joue bien ses cartes, son titre pourrait reprendre de l'altitude en 2009. Ce dernier a cédé 39 % depuis un an.
Non seulement la hausse du prix du carburant augmente ses coûts, mais elle contraint le voyagiste à imposer des surcharges qui pourraient inciter les consommateurs à annuler leurs projets de voyage.
Transat vient notamment d'augmenter de 75 à 84 % ses surcharges de carburant pour les vols de cet été en direction de la France et de la Grande-Bretagne qui auront été achetés après le 27 mai.
La récente montée en flèche du prix du carburant a incité Claude Proulx, analyste chez BMO Marchés des capitaux, à réduire de plus de 20 % ses prévisions de bénéfice par action pour 2008 (2,20 $) et pour 2009 (2,80 $), et son cours cible d'un an de 8 %, à 31 $.
Une guerre de prix qui plombe les résultats
Transat souffre aussi des effets d'une guerre de prix. Au premier trimestre, son bénéfice d'exploitation avait chuté de 39 % malgré la hausse de 19 % du nombre de passagers en Amérique du Nord, à cause de la guerre de prix que se livraient les voyagistes pour les forfaits vers le Sud au cours de l'hiver.
"Transat a toujours riposté énergiquement à ses rivales, car elle a les moyens de se battre pour préserver ses parts de marché", souligne Martin Ferguson, analyste chez Mawer Investment Management.
La guerre de prix nuira tout autant aux résultats du deuxième trimestre, qui lui fournit 52 % de son bénéfice d'exploitation annuel. David Newman, de la Financière Banque Nationale, prévoit une baisse de 20 % de son bénéfice par action, à 0,97 $.
Les analystes misent tout de même sur un meilleur deuxième semestre, car les réservations estivales vers la Grande-Bretagne sont supérieures de 10 % à celles de l'an dernier.
En outre, Transat pourrait augmenter ses prix de 6 % parce que le voyagiste britannique FlyGloblespan a réduit sa capacité de moitié entre la Grande-Bretagne et l'Est du Canada depuis l'an dernier, précise M. Newman.
Ce dernier a toutefois abaissé son objectif de cours d'un an de 30 à 28 $. "L'action est peu chère, à 9 fois le bénéfice prévu dans 12 mois, et reflète déjà en grande partie les inquiétudes", écrit M. Newman.
En meilleure position que ses rivales
Les analystes sont disposés à braver les turbulences, car Transat est mieux préparée à y faire face que ses rivales.
L'entreprise bénéficie entre autres de la hausse de 15 % du huard par rapport au dollar américain depuis un an, car cette poussée diminue le coût d'achat du carburant et des chambres d'hôtel que Transat paie en devises américaines. Environ 30 % de ses dépenses sont en dollars américains.
Par ailleurs, elle a déjà fixé une partie de ses coûts de carburant en achetant des contrats à terme.
Paradoxalement, la hausse du carburant pourrait profiter à Transat en fragilisant ses rivales, moins solides financièrement. Les concurrentes comme Sunwing pourraient n'augmenter que peu leurs prix ou réduire leur capacité, dit Ben Vendittelli, analyste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
Les financiers sont aussi rassurés par le fait que Transat dégage toujours un surplus de fonds de son exploitation et dispose de liquidités excédentaires de 172 millions de dollars (M$), soit 5,10 $ par action. Cette somme ne tient pas compte de placements dans le papier commercial adossé à des actifs (PCAA).
Au 31 janvier, sa dette totale atteignait 416 M$.
Transat pourrait utiliser ses fonds excédentaires pour racheter davantage de ses actions, une fois la crise du PCAA résolue, prévoient des analystes. Les dividendes et les rachats d'actions font partie des outils de Transat pour donner du rendement à ses actionnaires.