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Analyse: l'accident de parcours de Gildan

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Vêtements de sports Gildan vient de trébucher après des années de croissance rapide, mais les analystes croient que l'entreprise a le potentiel de rebondir rapidement.

L'action du fabricant à faible coût de tee-shirts, de chandails sport et de chaussettes a plongé de 31 % le 29 avril, effaçant un milliard de sa valeur, après que l'annonce de Gildan que son bénéfice annuel serait inférieur de 21 % aux objectifs établis fin le janvier. Il croîtra de 12 à 16 %, plutôt que de 42 à 47 % comme prévu au départ.

Au deuxième trimestre, son bénéfice a crû de 13 %, alors que Gildan prévoyait une augmentation de 35 %. Elle prévoit une légère baisse de son bénéfice au troisième trimestre.

Problème temporaire

C'est la première fois depuis 2001 que l'entreprise montréalaise n'atteint pas ses objectifs. Gildan, qui en moyenne a accru son revenu de 30 % par année entre 1993 et 2007, avait plutôt l'habitude de les dépasser.

Après une série de rencontres, Gildan a convaincu les analystes que ses problèmes de production en République dominicaine, qui l'ont amenée à réviser son bénéfice pour 2008, n'auront plus d'effet sur ses résultats en 2009.

Cinq d'entre eux recommandent chaudement l'achat du titre, car il peut rebondir de 4 à 25 % et atteindre un cours de 31 à 37,50 $ d'ici 12 mois.

À leurs yeux, cet accident de parcours n'entache pas son grand potentiel à long terme.

Les financiers jugent tout de même prudent de diminuer le ratio des bénéfices qu'ils utilisent pour établir leur cours cible, car la croissance de Gildan est moins certain qu'avant. Les analystes appliquent des ratios de 15 à 17 fois le bénéfice, alors qu'au sommet de 44,55 $ atteint en octobre, les investisseurs payaient le titre 23 fois le bénéfice prévu en 2008.

Les analystes Claude Proulx, de BMO Marchés des capitaux, et Jessy Hayem, de RBC Marchés des Capitaux, estiment que le titre est redevenu très attrayant, car il se négocie à 13 fois le bénéfice de 2,15 $ US par action qu'ils prévoient pour 2009.

" Quand les investisseurs réaliseront que ses problèmes de production sont temporaires et que son parcours de croissance est durable, le titre retrouvera son évaluation antérieure ", souligne pour sa part Candice Williams, analyste chez Genuity Capital.

Une croissance exigeante

La croissance accélérée de Gildan met à l'épreuve l'efficacité et la flexibilité étonnantes de son exploitation.

Quand on est le fabricant au plus faible coût de produits à grand volume, le moindre grain de sable dans l'engrenage peut avoir un effet important sur le bénéfice.

Or, Gildan court plusieurs lièvres à la fois, dit Monique Malo, vice-présidente, actions canadiennes, de Gestion globale d'actifs CIBC. " Les attentes étaient trop élevées. Gildan reste un très bon fabricant, qui est tout aussi doué en mise en marché. Son titre sera toutefois plus sensible aux résultats trimestriels ", explique-t-elle.

Les ratés de production en République dominicaine l'empêchent de répondre pleinement à la demande. Elle a donc dû ramener de 14 à 11 % la croissance des ventes prévue pour l'exercice en cours.

La baisse du bénéfice tient aussi au fait que Gildan doit adapter ses systèmes informatiques pour desservir sa nouvelle clientèle de grands détaillants, comme Wal-Mart. Avant 2006, elle vendait ses produits uniquement à des sérigraphes qui y apposaient des logos et des motifs.

L'intégration laborieuse de Kentucky Derby Hosiery, un fabricant de chaussettes acquis en 2006, a également amputé 0,07 $ US du bénéfice du deuxième trimestre.

Gildan ne reprend pas son souffle pour autant. Afin de répondre à la demande des grands détaillants, elle construira l'année prochaine une troisième usine d'envergure et un nouveau centre de distribution au Honduras, au coût de 100 à 110 millions de dollars américains.

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