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De nouvelles charges à prévoir. Photo: Lesaffaires.tv
La saison des résultats du deuxième trimestre, terminé à la fin de juin, démarre le 26 août pour les financières. La crise économique y laissera encore son empreinte.
Un autre trimestre à oublier
«La bonne nouvelle, c’est que la situation n’empire pas», affirme l’analyste de la BMO Ian de Verteuil. Ainsi, si des charges exceptionnelles sont à prévoir, elles resteront pâles en comparaison avec celles du premier trimestre.
C’est encore du côté de la CIBC qu’on devrait annoncer les plus gros montants. Compte tenu des engagements de cette banque avec des assureurs obligataires, la CIBC devrait inscrire des charges dans la fourchette de 650 à 750 millions de dollars, selon la BMO et Scotia Capital.
Plus pessimiste, John Aiken de Dundee Securities table sur des charges de 1,5 à 1,9 milliards de dollars. Cependant, ces estimations ne font l’unanimité parmi les analystes. Ian de Verteuil de la BMO les qualifie de «sensationnalistes».
La Banque Royale devrait aussi inscrire des charges estimées dans la fourchette de 200 à 300 millions de dollars. Celles de la Banque TD, attribuables aux positions perdantes prises par un de ses employés à Londres, ont déjà été annoncées et s’élèvent à 95 millions de dollars.
Provisions générales
C’est au niveau des provisions plus générales qu’on verra l’impact du ralentissement économique sur la rentabilité des banques. «Il faut s’attendre à une détérioration au niveau du portefeuille de prêts américain», avertit John Aiken de Dundee Securities.
Peter Rozenberg de UBS a estimé que les charges totales pour les prêts non-performants éroderont la marge de 43 points de base, contre 39 points de base au second trimestre. Du côté canadien, les pertes sur le portefeuille n’atteindront que 36 points de base.
«Ces niveaux de provisions dépassent ceux connus ces cinq dernières années, mais restent inférieurs à ceux de 2002», relève Ian de Verteuil de la BMO.
Activités de détail
La Banque de détail canadienne demeurera «la poule aux œufs d’or», souligne Ian de Verteuil. Le consensus des analystes prévoit que la marge nette sera stable alors que le ralentissement du côté des activités de marché se poursuivra.
Au final, les analystes anticipent un recul des bénéfices qui va de 8% pour Kevin Choquette de Scotia Capital à 20% pour Ian de Verteuil de la BMO.
Dividendes
Distribuera, distribuera pas? Malgré la tentation de retenir les dividendes pour soutenir la capitalisation, les analystes pensent que les financières ne peuvent pas se permettre de décevoir leurs actionnaires. Elles n’auront d’autre choix que d’accroitre la part des bénéfices allouée à la rémunération des actionnaires afin de maintenir des dividendes au moins équivalents à ceux de l’année passée.
Plusieurs analystes tablent tout de même sur des hausses de dividendes de la part de la Banque Royale qui n’a annoncé aucune hausse lors des quatre derniers trimestres.
Les perspectives
Ces résultats passés, que nous réservent les financières pour les prochains trimestre? L’avis des analystes divergent aussi sur les perspectives pour la fin de l’année. Ian de Verteuil prévoit une période de difficultés opérationnelles prolongées jusqu’à la fin de 2008, alors que Kevin Choquette entrevoit un rebond au quatrième trimestre.
Quant aux multiples d’évaluation, ils sont actuellement à des niveaux très bas. Les déboires des financières américaines continueront de peser sur les financières canadiennes, même si le socle économique sur lequel elles reposent est sensiblement plus solide.
«La très forte corrélation entre les financières canadiennes et américaines présage de multiples d’évaluation encore faibles», estime Peter Rozenberg de UBS.