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Des conditions de marché favorables dans les secteurs des mines et métaux et de l'aérospatiale aideront l'économie. Photo: Bloomberg
La croissance économique du Québec devrait être d'un maigre 1 % en 2008, ce qui lui permettra de devancer seulement l'Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador, selon les perspectives publiées par la Banque Royale.
Tout comme l'Ontario, le Québec est durement touché par la tempête qui frappe les exportations dans le secteur canadien de la fabrication. Heureusement, des conditions de marché favorables dans les secteurs des mines et métaux et de l'aérospatiale, deux secteurs clés des exportations de la province, compensent en partie ces difficultés.
Mais contrairement à l'Ontario, l'économie du Québec est moins exposée aux turbulences du secteur de l'automobile. Le rapport souligne toutefois que le secteur des produits forestiers de la province traverse une crise en grande partie liée à l'effondrement du marché de l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis.
Par contre, la construction non résidentielle devrait connaître un regain grâce aux nombreux projets d'infrastructure dans les secteurs des soins de santé, de l'éducation, des transports, de l'énergie ainsi que des mines et des métaux. Ces projets devraient plus que compenser pour le ralentissement de l'activité dans le secteur de la construction résidentielle.
D’autre part, les dépenses de consommation devraient demeurer vigoureuses en raison d'une hausse du revenu des ménages. Et puis, la croissance de l'emploi devrait se maintenir, quoique vraisemblablement moins forte qu'en 2007, en raison de la vigueur observée dans le secteur des services.
Plus de croissance dans l’Ouest
L’économie québécoise traînera de la patte par rapport à l’ensemble du Canada, dont la croissance attendue est de 1,4 % en 2008 et 2,5 % en 2009.
« La contraction surprise de l'économie canadienne devrait être de courte durée car les perspectives de croissance pour le reste de l'année sont positives, a expliqué Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef de la Banque Royale. En effet, les pressions financières sur le marché vont commencer à s'atténuer, l'économie américaine connaîtra un regain grâce à la distribution de chèques de remises d'impôt, et les produits de base se maintiendront à des prix records. »
Dans l’ensemble, l’Ouest canadien sera avantagé par rapport aux provinces de l’Est. En effet, la flambée des prix du pétrole et des aliments provoquent une prospérité sans précédent dans l'Ouest du pays, alors que la vigueur du dollar canadien, le ralentissement de l'économie américaine, le coût du carburant et les retards ou l'arrêt de grands projets d'investissement handicapent des secteurs clés des provinces à l'est du Manitoba.
La Saskatchewan devrait rester en tête de toutes les provinces en 2008 et en 2009, suivie de l'Alberta. Terre-Neuve-et-Labrador et l'Ontario occuperont le bas du palmarès cette année, mais devraient connaître une reprise l'an prochain.
Inflation
La Banque du Canada demeure préoccupée par l'inflation. Toutefois, le ralentissement de la croissance et la bonne tenue du marché de l'emploi devraient suffire à contrebalancer ces pressions.
Selon le rapport de la Banque Royale, le taux d'inflation de référence au Canada devrait se situer à un niveau plus élevé cette année, tout en restant sous la cible de 2 % de la Banque du Canada. Les facteurs transitoires qui l'ont fait baisser, notamment l'appréciation du dollar canadien en 2007 et les rabais que les entreprises canadiennes ont dû consentir afin de faire face à la concurrence, commenceront à ne plus produire leurs effets pendant le reste de 2008.
Malgré des taux d’intérêt historiquement bas, le marché de l'habitation au Canada pourrait ralentir en raison de la détérioration de l'accessibilité à la propriété. Dans la majorité des grands marchés canadiens, l'accessibilité à la propriété est tombée à son plus bas niveau depuis presque vingt ans.
Cependant, si un tel revirement se produisait, il serait beaucoup moins prononcé que ce l'on enregistre actuellement aux Etats-Unis, car le marché de l’habitation canadien n'a pas connu les nombreux excès qui ont malmené le marché américain.
Pas de récession aux États-Unis
Les Services économiques RBC prévoient une croissance économique modeste de 1,5 % aux Etats-Unis cette année. Les perspectives demeurent inquiétantes étant donné que les prix de l'énergie encore élevés, le resserrement des conditions de crédit et la faiblesse du marché de l'emploi.
La croissance américaine devrait ensuite remonter à 2,0 % en 2009. Ces perspectives de croissance modeste contribueront à contrôler les pressions inflationnistes pendant la durée de ces prévisions.
« Nous croyons que l'économie américaine évitera un repli cette année et qu'elle enregistrera une croissance soutenue à compter de 2009 », a ajouté M. Wright.