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Emploi: la débâcle dans le secteur manufacturier change la donne

La débâcle du secteur manufacturier au Québec a été telle, ces dernières années, que ce secteur d'activité n'est plus, depuis 2005, celui qui regroupe le plus d'emplois. Il a été dépassé par le commerce.

Cette constatation ressort d'une étude plus poussée des statistiques sur le marché du travail au Québec dévoilée cette semaine par l'Institut de la statistique du Québec.

Cet "Etat du marché du travail au Québec - le point en 2007" révèle ainsi que le secteur de la fabrication a perdu pas moins de 38 100 emplois uniquement en 2007, en plus d'une autre perte de 34 400 emplois l'année précédente, en 2006.

La débâcle du secteur de la fabrication a débuté en 2003, l'année où le dollar canadien a commencé à prendre de la force par rapport à la devise américaine, rendant ainsi les produits canadiens plus dispendieux pour les consommateurs américains.

L'effet à moyen terme a été une transformation de la structure économique même du Québec, puisque depuis 2005, le secteur de la fabrication n'est plus celui qui regroupe le plus d'emplois au Québec. Il a été remplacé par le commerce. Ainsi, en 2007, le commerce comptait 646 000 emplois et la fabrication 543 000. Ce sont les deux principaux secteurs d'activité au Québec en 2007.

Et, dans le secteur du commerce, c'est le commerce de gros qui a enregistré l'essentiel de la hausse, puisque le commerce de détail a connu une légère baisse.

Les sous-secteurs de la fabrication qui ont été les plus affectés sont ceux de la fabrication de produits en bois, avec une perte de 12 700 emplois, et des produits minéraux non métalliques, avec une perte de 5900 emplois uniquement en 2007.

Autres aspects

D'autres aspects de ces données sur l'emploi sont intéressants.

Par exemple, contrairement à une certaine croyance populaire, c'est l'emploi à plein temps qui a crû le plus vite et non l'emploi à temps partiel.

De plus, l'essentiel des emplois qui ont été créés en 2007 sont des postes non syndiqués.

De même, les femmes ont obtenu en 2007 plus des trois quarts des nouveaux emplois. Leur part dans l'emploi total est ainsi passé de 46,9 à 47,6 pour cent, tandis que la part des hommes dans l'emploi total est passé de 53,1 à 52,4 pour cent.

Le salaire horaire moyen des femmes demeure toutefois plus bas, soit 18,02 $ comparativement à 20,66 $ pour les hommes.

L'ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui avait provoqué tout un débat en affirmant que les Québécois travaillaient moins que les autres Canadiens, sera désolé de constater dans les plus récentes statistiques que la situation a même empiré depuis sa déclaration. En 2007, les employés québécois ont travaillé 34,5 heures par semaine, comparativement à 34,7 heures en 2006. Au Canada, la moyenne était de 35,6 heures.

L'écart entre le Québec et le Canada a donc augmenté encore depuis 2006. L'institut note, dans son rapport, qu'il s'agit de "la plus grande différence depuis le début de la série chronologique, il y a 20 ans".

Régions

La manne des nouveaux emplois n'a pas été répartie également entre toutes les régions.

Trois régions se sont démarquées: les Laurentides, Laval et la Montérégie, qui ont gagné respectivement 22 300, 15 500 et 13 900 emplois.

La région des Laurentides à elle seule a décroché le quart des nouveaux emplois en 2007.

Des pertes d'emplois effectives et significatives ont été constatées dans deux régions seulement, le Bas Saint-Laurent (moins 1500 emplois) et la Côte-Nord et le Nord-du-Québec (perte de 2600 emplois).

De façon générale, il s'est créé au Québec 86 300 emplois en 2007. Il s'agit d'une augmentation de 2,3 pour cent, la plus importante croissance des quatre dernières années.

En 2007, ce sont 3 851 700 personnes qui occupaient un emploi en moyenne au Québec.

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