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La vérification interne au coeur de la guerre à la fraude


62% des grandes entreprises canadiennes ont été victimes de fraude en 2007 contre 32% des petites entreprises. Photo: Photos.com

« La vérification interne détecte plus de fraudes que les lois qui servent surtout à prévenir ce genre de crimes », a expliqué Pierre Taillefer, associé chez PricewaterhouseCoopers, lors de son passage au Rendez-vous de l’Autorité qui se tenait aujourd’hui à Montréal.

Selon un sondage mené par PricewaterhouseCoopers, 52% des entreprises canadiennes auraient été victimes de fraude depuis les deux dernières années, un chiffre légèrement à la baisse en comparaison avec les 55% constatés en 2005. Le sondage en question Global Economic Crimes Survey est mené tous les deux ans et en est à sa troisième édition cette année.

Selon l’étude, plus les entreprises ont une taille importante, plus les montants concernés sont élevés. La valeur moyenne des fraudes en 2005 se chiffrait à 600 000$ et a grimpé à près de 3,5 M$ en 2007. De plus, 62% des grandes entreprises avaient été victimes de fraude contre 32% des petites entreprises.

Parmi les autres facteurs de risques, on retrouve la complexité des transactions effectuées, la taille du système de détection et l’existence d’opérations internationales.

« Les gens sont sensibilisés aux risques de fraude, ils voient les risques, mais il y a toujours un manque du côté de la gestion des risques », soutient Pierre Taillerfer.

En effet, 39% des entreprises interrogées n’ont pas de ligne de dénonciation, 35% n’ont pas de comité de vérification alors que 50% ont des lacunes dans la gestion du risque. Pire, 67% ne font par de formation directe en matière de fraude et de crimes financiers.

Les fraudeurs sont parmi nous

Faits inquiétants, 42% des fraudeurs faisaient partie du personnel de l’entreprise depuis plus de six ans, 37% étaient des cadres intermédiaires ou supérieurs, 88% étaient des hommes et 67% étaient des employés de l’entreprise en question.

Parmi les raisons personnelles évoquées, on retrouve l’incitatif financier (59%), le manque de résistance à la tentation (44%), le manque de conscience du fait que les actes commis sont répréhensibles (42%) et la déception par rapport à la carrière (6%).

Du côté des entreprises, un contrôle insuffisant (36%), un faible engagement par rapport à l’entreprise (35%), un poste qui permet de déroger aux contrôles (17%) et l’anonymat (9%) sont évoqués comme des facteurs de risques pouvant mener un employé à la fraude.

Ces d’ailleurs les contrôles internes qui ont permis de détecter les fraudes dans 19% des cas, la dénonciation par une source intérieure (21%) et par une source extérieure (14%) sont également des façons très répandues de mettre en lumière une irrégularité. Près de 6% des incidents ont été détectés par accident.

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