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Les dirigeants des PME québécoises pourraient mieux s'entourer


Le président du Groupe de travail sur la gouvernance des PME au Québec, Michel Audet.

Les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises sont bien gérées, mais pourraient faire beaucoup mieux si elles bénéficiaient de l’apport d’un comité consultatif composé de membres indépendants, révèle un rapport de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques.

Le groupe de travail chargé de la rédaction du rapport, présidé par l’ancien ministre des Finances du Québec, Michel Audet, a fait part de ses conclusions ce midi à Montréal et recommandes au 10 000 PME québécoises de 50 employés et plus de se doter d’un conseil consultatif ou d’un conseil d’administration pour assurer leur croissance à long terme.

«Les dirigeants de PME sont parfois réticents à partager l’information financière de leur entreprise et le pouvoir avec les membres d’un conseil consultatif. Il leur est toutefois essentiel de fournir une information précise pour que le conseil puisse prendre de bonnes décisions», explique Michel Audet, en entrevue.

Ce dernier précise que l’objectif d’un conseil consultatif est d’entourer le dirigeant de PME afin d’assurer le succès de l’entreprise dans un contexte de mondialisation de l’économie. Les tâches du conseil sont diverses, qu’il s’agisse de se pencher sur les stratégies, les objectifs, les résultats financiers, les mesures de performance et l’évaluation du risque au sein des PME.

«Les entreprises du secteur manufacturier sont celles qui ont le plus à gagner. Du côté de l’économie du savoir (biotechs et technologies de l’information), c’est une pratique plus répandue», dit-il.

Problème de relève

Selon le rapport, environ 50% des propriétaires de PME seront en âge de prendre leur retraite d’ici 5 à 10 ans, ce qui pose un problème de relève important. «Il est toujours possible de vendre, mais souvent, la dynamique change lorsque le chef d’entreprise quitte. L’apport d’un conseil consultatif permet de prévenir ce problème avec un plan de continuité», ajoute M. Audet.

Le conseil consultatif, moins formel que le conseil d’administration, permet aussi de faire face à différents enjeux, comme la pénurie de la main-d’œuvre, la concurrence internationale ou la force du dollar canadien.

Selon Michel Audet, moins de 10% des PME québécoises de 50 employés et plus ont actuellement un conseil consultatif ou un conseil d’administration: «si nous arrivons à faire doubler ce nombre d’ici un an, ce sera déjà un grand pas en avant», dit-il.

Au cours des prochains mois, l’ancien ministre et ses acolytes se pencheront sur la rédaction d’un plan d’action pour assurer la mise en place des recommandations du rapport. La publication du plan d’action est prévue pour l’automne.

Les six recommandations du rapport sur la gouvernance des PME au Québec:

1- Que les propriétaires-dirigeants de PME, lorsque celles-ci atteignent une taille et un niveau de complexité significatifs, fassent appel à un conseil consultatif afin de les appuyer dans leur prise de décision et d'assurer le plein développement de leur entreprise.

2- Que la direction d'une PME dont une part importante du capital est détenue par des actionnaires autres que celui de contrôle, forme un véritable conseil d'administration répondant aux principes et règles de gouvernance les plus exigeantes.

3- Que les investisseurs institutionnels souscrivent à un code des « meilleures pratiques » en matière de gouvernance à l’endroit des PME dont ils deviennent les partenaires.

4- Que les dirigeants d’entreprises non cotées en bourse ayant fait avec succès l’expérience de la gouvernance en deviennent les ambassadeurs dans leur milieu.

5- Que le législateur évite d’intervenir pour encadrer ou imposer des règles de gouvernance aux entreprises non cotées en bourse.

6- Qu'un plan d'action concret afin de promouvoir et d'améliorer la gouvernance dans les PME soit élaboré et que le mandat du Groupe de travail soit prolongé d'un an pour en assurer la mise en oeuvre et le suivi.


Visionnez l'entrevue avec le président du groupe de travail, Michel Audet.

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