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Le boulet des régimes de retraite

En cette période de crise économique, les régimes de retraite déficitaires sont devenus un problème financier majeur pour de nombreuses entreprises à travers le pays.

Ainsi, selon certaines rumeurs, l'important déficit du régime de retraite des employés de Bell Canada serait l'une des causes de l'échec possible du rachat de BCE.

Depuis l'annonce des résultats de l'entreprise au troisième trimestre en octobre, des analystes ont estimé que le manque à gagner du régime de retraite pourrait se chiffrer dans les milliards de dollars et compromettre la transaction de BCE avec le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers).

Mercredi, BCE a annoncé que la firme comptable KPMG ne prévoyait pas être en mesure d'émettre une opinion selon laquelle l'entreprise allait satisfaire aux "tests de solvabilité" nécessaires à la réalisation de la transaction.

Ni BCE ni KPMG n'ont révélé, mercredi, quels facteurs avaient pesé dans la décision de la firme comptable, mais BCE a indiqué qu'elle était en désaccord avec sa conclusion.

"Une théorie expliquant l'incapacité de satisfaire aux tests de solvabilité est l'impact des régimes de retraite. Il semble toutefois que ce ne soit pas le seul problème", a écrit l'analyste Jeffrey Fan, de UBS, mercredi.

De nombreuses entreprises réglementées par le fédéral, dont BCE, ont demandé à Ottawa d'assouplir leurs obligations liées aux régimes de retraite. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a d'ailleurs laissé entendre, plus tôt cette semaine, qu'une aide temporaire pourrait faire partie de son énoncé économique de jeudi.

Andrew Harrison, spécialiste du cabinet d'avocat Borden Ladner Gervais et président d'un comité de l'Association canadienne des administrateurs de régimes de retraite, croit que le gouvernement devra s'en mêler, en raison de la chute importante de la valeur des investissements des régimes de retraite.

"Les actifs qui étaient auparavant suffisants pour couvrir les retraites promises sont subitement devenus une fraction de ce qu'ils étaient, a expliqué M. Harrison. D'un point de vue politique, les entreprises sont forcées de mettre plus d'argent dans leur régime de retraite au moment où elles ont besoin de cet argent pour fonctionner dans une économie en difficultés."

Selon M. Harrison, il ne "serait pas trop difficile" pour les conservateurs de rétablir les mesures temporaires utilisées pour aider les entreprises à faire face à l'énorme déficit de leurs régimes de retraite après l'effondrement des secteurs de la technologie et des télécommunications en 2000-2002.

Dans le budget fédéral de 2006, les conservateurs ont augmenté la durée permise aux entreprises pour éliminer le déficit actuariel de leur fond de retraite. La décision était survenue après que de nombreuses compagnies aient eu de la difficulté à éliminer leur déficit sur une période de cinq ans.

Air Canada, par exemple, a dû se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers quand son régime de retraite déficitaire l'a menée près de la faillite. L'entreprise a survécu après une restructuration.

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