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Des médisances de concurrents auraient porté un rude coup à la banque d'Investissement. Photo: Bloomberg.
La banque d’investissement Bear Stearns est-elle morte de sa propre mort, ou a-t-elle été tuée par la rumeur? Le co-auteur du bestseller «Barbarians at the Gate», Bryan Burrough, s’intéresse à cette question dans un article publié par le magazine Vanity Fair.
Jusqu’à ce jour, la déconfiture de Bear Stearns a été associée aux mauvais placements dans les prêts hypothécaires à risque et à la crise des liquidités. S’ajoute maintenant au concert des explications des soupçons de propagation de rumeurs ayant créé les problèmes de liquidité de la banque.
Burrough a interviewé plusieurs membres de l’exécutif et du conseil d’administration de Bear Stearns, qui lui ont décrit dans l’anonymat les événements qui ont précédé la vente forcée de la banque d’investissement à JP Morgan pour la somme de 2,2 milliards de dollars américains.
Selon le résumé de l’enquête de Burrough par le New York Times, Bear Stearns n’avait pas de problème de liquidité, au moins au début. Elle aurait détenu plus de 18 milliards américains en liquide pour couvrir ses transactions au début de la semaine du 10 mars.
Burrough précise qu’il n’y a pas eu de retraits importants effectués avant la fin de la semaine, après que la rumeur se soit répandue selon laquelle Bear Stearns connaissait des difficultés.
Un des membres de la direction aurait déclaré à Burrough qu’il y avait une raison pour laquelle cette rumeur avait été répandue et que cette raison était que quelqu’un voulait que Bear Stearns s’effondre.
La rumeur aurait causé des retraits massifs et l’évaporation de l’apport en capital de Bear Stearns.
Des soupçons sur des compétiteurs
Burrough mentionne des sources potentielles de la rumeur dans son article, soit les fonds de couverture Citadel et SAC Capital Partners, ainsi que le compétiteur principal de Bear Stearns, Goldman Sachs.
Ces trois firmes ont nié leur implication dans la propagation de la rumeur. Les autorités fédérales sont en train d’enquêter sur les suspects évoqués par les membres de la direction et du conseil d’administration.
Un des membres de la direction aurait dit à Burrough que Jeff Dorman pourrait aussi être l’individu ayant répandu la rumeur cette semaine là.
Dorman occupait la fonction de co-directeur des activités globales de courtage de premier ordre de Bear Stearns jusqu’en avril 2007, avant de démissionner pour occuper un poste similaire à la Deutsche Bank.
Selon un des membres de l’exécutif, Dorman aurait été surpris à répandre des rumeurs à l’été 2007. Bear Stearns aurait alors contacté la Deutsche Bank pour lui signaler que Dorman ferait mieux de cesser.
(Pour aller plus loin : Bringing Down Bear Stearns)