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Analyse: le titre de Cossette va-t-il rebondir?

La chute de 44 % du titre de Cossette Communication depuis le début de 2008 paraît injustifiée aux yeux des dirigeants du Groupe. Selon eux, les perspectives de croissance de la société de Québec restent solides, mais plusieurs analystes ont réduit leurs attentes.

Le recul du titre de Cossette s'est accéléré au cours des dernières semaines à la suite de l'annonce de la perte de l'exclusivité du contrat la liant à Bell Canada et au dévoilement de résultats trimestriels jugés "décevants" par les dirigeants. Cela a amené les analystes à revoir leurs prévisions à la baisse, ce qui n'a certainement pas rassuré les investisseurs.

Numéro un au Canada

Qu'à cela ne tienne, Jean Royer, vice-président exécutif et chef de la direction financière, fait valoir la position solide de Cossette. "Nous demeurons la première entreprise de communication-marketing au Canada, avec un chiffre d'affaires de 250 millions de dollars (M$) et 1 650 employés", dit-il.

M. Royer souligne en entrevue que Cossette a signé de bons coups récemment, dont le renouvellement de l'entente la liant à Coca-Cola pour la réalisation des campagnes destinées au Québec.

M. Royer précise que la société prévoit toujours une croissance de ses revenus et de bonnes marges bénéficiaires, même si la croissance ralentit.

Le chiffre d'affaires brut atteindra entre 243 et 246 M$ pour l'exercice se terminant en septembre prochain, soit une hausse de 4 à 5 %. La marge bénéficiaire avant impôts et éléments inhabituels devrait s'établir entre 10 et 11 %, comparativement à 12 % en 2007.

Les quatre analystes se prononçant à l'égard du titre croient que ces prévisions laissent entrevoir un bénéfice par action de 0,77 $, par rapport à 0,93 $ en 2007.

Les analystes sévères

En six semaines, les analystes Michael Glen, de la Financière Banque Nationale, Adina Bloom, de TD Newcrest, et Jeff Tkachuk, de BMO Marchés des capitaux, ont réduit leurs attentes et leur cours cible d'un an.

Ils prévoient qu'il s'établira entre 7 et 7,50 $, plutôt qu'entre 13 et 15 $.

Selon eux, Cossette devra trimer dur pour compenser la perte de revenus tirés du compte publicitaire de Bell, l'un des principaux clients de l'entreprise. Les 10 plus importants clients de Cossette comptent pour 45 % de ses revenus annuels, mais un seul représente plus de 10 % du chiffre d'affaires, dit M. Royer, qui n'a pas voulu l'identifier.

Selon M. Royer, il y a encore beaucoup de potentiel aux États-Unis, où l'agence n'emploie que 125 personnes.

Cossette a récemment nommé Marcel Barthe au poste de vice-président, stratégie d'entreprise, afin de superviser l'expansion internationale. Il était auparavant conseiller spécial, planification et conseil stratégique d'Optimum, une division de Cossette.

Rachat d'actions

Le non-renouvellement du programme annuel de rachat d'actions à droit de vote subalterne a aussi semé l'inquiétude parmi les experts. Cossette a racheté plus de 1,5 million de ses actions au cours des deux derniers exercices.

Le 16 mai, la société a toutefois annoncé la mise en place d'un programme de prêts de 5,8 M$ à l'intention des cadres supérieurs, dans le but de favoriser l'achat d'actions subalternes en circulation.

Du 28 mai au 4 juin, trois hauts dirigeants ont acquis 260 000 actions à un cours entre 5,50 et 6,30 $. Ces transactions ont coïncidé avec un rebond de 15 % du titre.

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