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Certains craignent qu'une récession des pays industrialisés et un ralentissement économique des pays émergents viennent empirer la situation. Photo: Bloomberg
Prisonnière d'une conjoncture difficile, l'industrie canadienne des pâtes et papiers offre peu d'occasions de placement. C'est pourquoi le cours des actions des producteurs reste extrêmement bas.
Benoît Gervais, gestionnaire du Fonds de ressources canadiennes Mackenzie Universal, constate une baisse de la demande nord-américaine pour la plupart des papiers. Il craint de plus qu'une récession des pays industrialisés et un ralentissement économique des pays émergents viennent empirer la situation.
Dans ce secteur, seuls les titres de producteurs de pâtes et papiers sud-américains, comme Votorantim Celulose e Papel occupent une place dans ses portefeuilles.
Les sud-américaines bénéficient de bas coûts de production, dégagent des marges et des fonds autogénérés libres importants et paient de généreux dividendes, tout en offrant de belles possibilités de croissance. " Elles ont tout ce qu'il faut pour produire de la fibre de bois à bas prix : l'eau, le soleil et un territoire facile à exploiter. Pourquoi chercher plus loin ? " dit M. Gervais.
Baisse de la demande et hausse des coûts
En Amérique du Nord, les producteurs font face à une importante baisse de la demande de papier journal et de papier fin. En même temps, ils affrontent une forte hausse du coût des matières premières, notamment ceux de l'énergie et de la fibre.
M. Gervais perçoit bien des signes positifs dans la consolidation de certains secteurs. C'est le cas du papier fin, où Domtar et International Paper¸ont émergé comme entreprises dominantes.
Toutefois, cette consolidation n'a pas encore permis une amélioration sensible des résultats.
" Dans le papier journal, on doit se rendre à l'évidence qu'il n'y a pas eu assez de regroupements pour compenser les effets de la situation actuelle ", explique M. Gervais.
Toutefois, selon lui, des géants qui pourront imposer des prix suffisants pour leurs produits et ainsi dégager des rendements du capital suffisants devraient sortir en bonne position de cette crise.
Le secteur de la pâte s'en tire mieux
Même son de cloche de la part d'Hervé Carreau, analyste chevronné chez Marchés mondiaux CIBC. Il s'attend à une autre année difficile pour le secteur du papier en 2009 et conseille à ses clients de le sous-pondérer.
" Les augmentations de prix obtenues dans le papier journal et le papier fin ont un effet négatif sur la consommation ", soutient M. Carreau.
L'analyste ne perçoit pas plus d'amélioration dans le secteur du bois d'oeuvre et s'inquiète de l'augmentation de la capacité de production de panneaux à copeaux orientés en Amérique du Nord.
Seul le secteur de la pâte commerciale reste vigoureux à la suite des fermetures d'usines en Europe et en Amérique du Nord, régions où les coûts de production sont les plus élevés. La pâte souffre moins du ralentissement de l'économie américaine que le papier.
" Le marché de la pâte a des chances de demeurer ferme et de profiter aux entreprises qui ont les plus faibles coûts de production, comme Canfor Pulp Income Fund ", dit M. Carreau.
Miser sur les producteurs de fibre
Richard Kelertas, analyste des produits forestiers pour Valeurs mobilières Dundee, croit que les titres de propriétaires de terrains forestiers peuvent remplacer avantageusement les titres de fabricants de pâtes et papiers.
Il cite des statistiques selon lesquelles l'exploitation des terrains forestiers a procuré un rendement annuel composé de 13 % au cours des 15 dernières années, et de 15 % au cours des 30 dernières années.
" Les arbres prennent de la valeur à mesure qu'ils poussent. Les propriétaires bénéficient de l'augmentation des prix du bois sur pied ainsi que de la valeur de leurs terrains ", fait valoir M. Kelertas.
Il recommande les titres de Sino-Forest, de TimberWest et d'Acadian Timber, tous des propriétaires importants de territoires forestiers.