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" Les possibilités de synergie sont grandes pour Spectra "

Madonna a quitté Warner Music pour s'associer à un promoteur. Prince a distribué des millions de copies gratuites de son dernier album. Pourquoi vous lancer dans un secteur, celui du disque, qui semble se porter mal ?

C'est vrai que le secteur subit d'importantes transformations. C'est aussi vrai par contre que Spectra a toujours travaillé de près avec l'industrie du disque. Jusqu'en 1993, j'ai même été président d'Audiogram, une maison dans laquelle nous détenions une participation majoritaire. Nous sommes donc des croyants ! Nous croyons que la musique demeurera importante. Qu'elle soit live ou enregistrée, le public continuera de la demander. Certes, sa distribution se fera autrement. La répartition des droits aussi. Mais l'enregistrement, lui, peu importe le support, demeurera. Dans l'histoire, on dit que la musique a été notre première source de plaisir. Et voyez aujourd'hui. C'est vous dire combien elle n'est pas près de disparaître.

On parle de plus en plus dans l'industrie du spectacle de " contrats à 360 degrés ". Est-ce le modèle auquel vous aspirez ?

Quand on est à la fois organisateur d'événements - comme le Festival de Jazz -, propriétaire de salles, producteur de spectacles, de films et de programmes de télévision, qu'on représente des artistes et qu'on détient en plus sa propre maison de disques, les possibilités de synergie sont grandes. Nous avons toujours cherché à accroître notre autonomie. Le fait que la main droite sait ce que fait la main gauche, en contrôlant un maximum d'éléments de la mise en marché d'un artiste, comporte des avantages indéniables. Bref, ce " 360 degrés " dont on parle beaucoup depuis peu n'a rien de neuf. Ce n'est rien de plus que l'" intégration verticale " qui nous a inspirés à une autre époque.

À force de grossir, ne craignez-vous pas qu'on vous accuse d'en mener trop large, d'être perçu comme un Wal-Mart de la culture ?

Non, car jamais, en 30 ans d'existence, nous ne nous sommes comportés ainsi. Au lieu de jouer au prédateur, nous avons été d'une éthique exemplaire en tentant d'être complémentaire à l'industrie. À preuve, nous engageons des artistes représentés par d'autres dans nos festivals. Nous leur louons nos salles de spectacle. Et malgré ce qu'on dit, nous n'avons jamais maraudé chez d'autres pour attirer des artistes.

( CV )

Nom: Alain Simard

Âge: 58 ans

Fonction: PDG

Entreprise: Équipe Spectra

Après avoir produit les premiers spectacles de Genesis et Pink Floyd en Amérique, il fonde le Festival de Jazz de Montréal et les FrancoFolies.

martin.jolicoeur@transcontinental.ca

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