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Pour rallier les troupes, il faut cultiver l'humilité, l'écoute, l'ouverture et la transparence.
Les leaders charismatiques et flamboyants n'ont plus la cote. Aujourd'hui, les dirigeants se perçoivent plutôt comme des pilotes qui veillent à ce que l'équipage garde le cap et mène le bateau à bon port malgré les tempêtes.
Pour rallier les troupes, il faut cultiver l'humilité, l'écoute, l'ouverture aux autres et la transparence.
Le célèbre Bill Gates luimême affirme s'entourer de gens plus intelligents que lui. Ce principe, plusieurs leaders le revendiquent.
«Je suis un généraliste. Je me débrouille en finances, en ventes, en ressources humaines, mais sans plus, lance Gino Ouellet, pdg de Bois BSL, à Mont-Joli. Chacun de mes proches collaborateurs est meilleur que moi... dans son domaine respectif. J'apprends beaucoup d'eux.»
Pour Alain Reid, psychologue organisationnel et associé à la Société Pierre-Boucher, un bon leader n'est pas menacé par le fait que les membres de son équipe soient plus compétents que lui. «Il n'est pas centré sur lui-même, mais sur l'équipe. Il sait que, sans elle, il ne pourra atteindre les objectifs.»
C'est une attitude qui n'est pas toujours facile à cultiver, surtout quand le leader a une expertise pointue dans un domaine particulier.
Jean-Claude Tremblay, directeur intérimaire de l'exploitation de Papiers Stadacona, se rappelle ses débuts en gestion, dans les années 1980. Technicien en électronique à l'ancienne papetière Rolland, il avait été promu contremaître: «J'ai mis du temps à accepter que ce n'était plus à moi d'être fort en technique, mais que mon rôle consistait plutôt à m'assurer que les autres donnent leur 100 %.»
Diriger sans dominer
Les leaders doivent savoir composer avec ce qui peut sembler être une contradiction : diriger sans être trop directif. Une étude réalisée l'an dernier par Secor Conseil auprès de 50 jeunes leaders a révélé que la plupart d'entre eux avaient une personnalité dominante, mais qu'ils n'étaient pas nécessairement prompts à imposer leurs vues. En fait, ils sont ouverts à la discussion et à d'autres idées que les leurs tout en sachant trancher quand il le faut.
Le consultant organisationnel Dominique Sens, aussi chargé de cours à HEC Montréal, estime que l'adhésion des troupes à un leader est directement proportionnelle à la latitude qu'il accorde. Il doit toutefois éviter d'envoyer les autres au front en restant derrière. Cette conviction se traduit aussi dans son langage. «Quand il s'adresse à son équipe ou qu'il parle de son entreprise, il utilise la première personne du pluriel», ajoute M. Sens.
Pour mobiliser son équipe et la rallier à sa vision, le leader doit aussi être capable de faire son autocritique et d'admettre ses erreurs. «Quand ça va moins bien, il prend les erreurs sur son dos et, quand ça va bien, il ne s'en attribue pas tout le mérite, résume M. Reid. Cette attitude rapproche les gens de leur leader, leur donne confiance en lui et les incite à se dépasser.»
Partager les réussites
Le leader doit en effet veiller à mettre en valeur son équipe. Récemment, Bois BSL lançait un nouveau produit. Dans les documents promotionnels, l'entreprise soulignait l'apport de l'équipe de conception et nommait la personne responsable du projet. Cette année, elle célèbre ses 10 ans d'existence en publiant dans le journal local des textes présentant ses cadres et certains de ses employés.
«Ce n'est pas toujours au président d'être devant la caméra, dit M. Ouellet. Après tout, c'est grâce aux employés que l'entreprise fonctionne.»
Bref, comme le dit M. Sens, «les résultats appartiennent au groupe, mais on doit reconnaître l'apport individuel».
Pour sa part, la consultante en développement organisationnel Laurence Orillard, de Knightsbridge Bussandri MacDonald, conseille aux dirigeants d'échanger avec les employés de la base et de leur demander leur avis sur les décisions et les orientations. «Le feedback provient presque toujours de l'équipe de direction, alors que les employés sont une extraordinaire source d'apprentissage.»
Bâtir une équipe gagnante
Enfin, les experts s'entendent sur la nécessité de miser sur la complémentarité et la diversité au moment de bâtir son équipe de collaborateurs.
«On ne doit pas craindre d'embaucher des gens qui ont des personnalités et des façons de fonctionner différentes car c'est une richesse pour l'équipe», assure Mme Orillard.
Il faut des individus créatifs, des méthodiques, d'autres centrés sur la tâche, etc. Le leader, lui, doit veiller à ce que tous travaillent dans le respect des différences.
M. Ouellet est bien d'accord, mais il y a plus : il cherche des personnes ayant du coeur au ventre et qui sont joviales. «Pour que la chimie fonctionne dans l'équipe, il faut avoir du plaisir à travailler. J'aime que les membres de mon équipe aient une attitude positive et qu'ils soient d'un abord agréable.»