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La vie chère

Mon premier ordinateur personnel, avec son imprimante de huit kilos, m'avait coûté 3 000 dollars en 1990. C'était un gros investissement, fait grâce à un prêt que j'allais mettre des années à rembourser. L'appareil ne servait qu'à faire du traitement de texte sur un écran monochrome de neuf pouces, et pour peu qu'on s'abstienne d'insérer des tableaux ou une image, ses performances étaient honnêtes. Celles-ci sont outrageusement dépassées aujourd'hui par le plus rudimentaire des téléphones cellulaires sur le marché, qu'on nous offre gratuitement à la signature d'un engagement avec un fournisseur de service de téléphonie. Et quand je pense qu'on est maintenant en mesure de produire des ordinateurs capables d'accéder à Internet pour un coût inférieur à 100 dollars afin d'équiper les enfants des pays défavorisés, je regrette les intérêts que j'ai payés à la banque pour mon premier Mac.

Grâce à l'amélioration de la productivité, mais surtout à la main-d'oeuvre chinoise, un nombre incroyable de produits de consommation sont moins chers qu'il y a 20 ans.

Et moi qui songe à remplacer une autre fois mon ordi, qui sera encore moins cher que le précédent, j'ai vraiment l'impression que la vie est moins chère qu'avant. Est-ce aussi parce que je peux me permettre aujourd'hui bien plus que des pâtes, une grosse bière le jeudi et du beurre de peanut en spécial, comme quand j'étais étudiant ? Sans doute. Est-ce parce que je n'ai pas d'auto et que le prix de l'essence me laisse indifférent ? Sûrement.

Car je le sais : j'ai tort.

Pas plus tard qu'hier, la Bourse de Toronto a baissé de 200 points à la suite de la décision de la Banque du Canada de ne pas réduire son taux directeur ; elle craint comme la peste la hausse des prix à la consommation, ce qu'une baisse des taux d'intérêt aurait favorisé. Encore récemment, je m'interrogeais sur cet entêtement maniaque à vouloir garder le taux d'inflation sous la barre des 2 %. J'ai compris quand j'ai constaté que le pouvoir d'achat du Québécois moyen a baissé au cours des dernières années. Malgré toutes les hausses salariales dont il a bénéficié depuis 2000, malgré la diminution des prix d'un tas de produits, son chèque de paie le mène moins loin.

La Banque du Canada n'y arrive pas. Des millions de Chinois non plus. Mais sur qui peut-on compter pour rétablir son pouvoir d'achat ? Sur soi-même !

Exception faite de ceux qui travaillent dans le secteur manufacturier, les conditions ont rarement été aussi propices pour négocier une hausse salariale. Vous croyez que vous valez plus que ce que vous gagnez. Allez-y : demandez une augmentation ! Notre journaliste Isabelle Ducas vous explique comment augmenter vos chances de l'obtenir. Il ne restera plus qu'à peaufiner votre approche durant les vacances.

daniel.germain@transcontinental.ca

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