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Il n'y a pas que le salaire dans la vie...

  • Isabelle Ducas, Journaliste
  • 1 juillet 2008

La rémunération n'est pas le critère le plus important pour apprécier son travail. Les avantages sociaux le sont plus encore. La reconnaissance aussi.

Si vous pensez que votre chèque de paie n'est pas à la hauteur de vos performances, vous n'êtes pas seul : 53 % des Québécois se disent mal payés pour ce qu'ils apportent à leur entreprise, selon un sondage Léger Marketing mené en 2006. Cette impression est encore plus répandue chez les jeunes (70 %) et les femmes (80 %). Mais cette insatisfaction n'empêche pas 88 % des Québécois d'aimer leur travail.

Le salaire n'est pas nécessairement le critère le plus important quand vient le moment de choisir un emploi. D'autres éléments peuvent avoir une valeur qui compense de loin un salaire un peu moindre : ambiance de travail, relation avec le supérieur, reconnaissance de la contribution des employés, régime de retraite, assurances collectives, télétravail, flexibilité, etc.

Selon un sondage de la firme de gestion de la paie et des ressources humaines ADP Canada, les Québécois accordent plus d'importance aux avantages sociaux (36 %) qu'au salaire (33 %) lors d'une négociation salariale.

D'ailleurs, les gens démissionnent rarement pour une question de sa- laire, dit Richard Saucier, président de Saucier Conseil. " Les frictions avec les supérieurs et l'absence de possibilités de développement provoquent le plus souvent les départs. Mais il est plus facile pour les individus d'expliquer leur départ en invoquant un salaire insuffisant. "

Les gens accordent une grande importance à la reconnaissance qu'ils reçoivent de leur patron. Et un salaire trop faible peut dénoter un manque de reconnaissance du travail d'un employé par l'employeur. " La perception d'un manque de reconnaissance pousse souvent les employés à partir ", note Ronny Aoun, directeur de la pratique capital humain, chez Ernst & Young.

Les employés sont également très sensibles aux iniquités salariales, réelles ou perçues au sein de leur entreprise. Dans celles où les politiques salariales sont claires et transparentes, établies à la suite d'un processus rigoureux, il y a moins de risque que les employés se sentent traités injustement.

Mais quand les salaires sont déterminés à la va-vite, sans analyse réelle, comme c'est parfois le cas dans les PME, ou quand les entreprises décident de ne pas dévoiler leur politique salariale à leur per-sonnel, cela semble louche aux yeux des employés. " Ils risquent alors de se croire inéquitablement rétribués, même si ce n'est pas le cas. Et quand nous croyons être victime d'injustice, nous avons tendance à diminuer notre contribution à l'entreprise ", souligne Julie Cloutier, pro- fesseure à l'École des sciences de la gestion, de l'UQAM.

Un salaire jugé insuffisant ne devrait jamais être la raison principale d'une démission. " Même une variation de 5 à 15 % ne justifie pas un changement d'emploi, précise Ronny Aoun.

Des facteurs beaucoup plus importants que le salaire doivent être pris en considération. " Alain Ishak, directeur du Groupe Hay du Québec, a déjà changé d'emploi pour gagner 3 000 dollars de plus. " Je l'ai toujours regretté. Mais si quelques milliers de dollars vous dérangent, cela signifie que vous n'êtes plus bien dans votre travail et que vous devriez rechercher un autre emploi. "

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